11 janvier 2007
Agriculture majoritairement biologique : c'est possible!
En effet, on apprend dans Courrier International (nº844, 4-10 janvier 2007, à la page 45) que «Cuba a fait sa révolution bio».
La chute de l'URSS et l'embargo américain ont entraîné une raréfaction des engrais, produits chimiques et engins agricoles motorisés. Les cubains se sont donc organisé et sont revenu à des techniques à la fois modernes et traditionnelles.
Création d'emplois et autosuffisance alimentaire ont été deux effets de cette reconversion agricole forcée.
Pourquoi n'y arriverions-nous pas non plus en Union Européenne? Nous avons beaucoup de chômeurs, beaucoup de pollution, une nourriture polluée, des engrais et des produits chimiques qui polluent notre environnement et semblent être à l'origine d'une partie des cancers.
En tout cas, les cubains, pauvres, n'ont pas eu besoin des OGM! :-p
30 septembre 2006
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Format PDF de l'article : Résumé synthèse de «Aliments Génétiquement Modifiés et Santé Publique»
Résumé synthèse de «Aliments Génétiquement Modifiés et Santé Publique»
Source : Document de l'Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ)
Résumé synthèse de «Aliments Génétiquement Modifiés et Santé Publique»
Source : http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/058_AGM_Synthese.pdf
Le document est intitulé ALIMENTS GÉNÉTIQUEMENT MODIFIÉS ET SANTÉ PUBLIQUE, publié en Octobre 2001 par l’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ), plus précisément par le Comité sur les Organismes génétiquement modifiés (OGM).
Le document étudié précise d’abord le contexte de rédaction et ce à travers la préface (qui retrace les événements qui ont conduit à sa rédaction) et l’introduction (qui met en lumière le contexte scientifique et polémique des OGM, de même que leurs enjeux négatifs et positifs).
Dans la deuxième partie, la méthodologie utilisée est expliquée, les auteurs détaillent la manière de procéder pour s’informer (recherche bibliographique et webographique, consultation de 20 organismes concernés, consultation d’experts dans le cadre du colloque «AGM et santé publique») ; ils donnent aussi leur objectif : poser des questions qui «méritent d’être revues et analysées par les autorités concernées», celles-ci étant le résultat de plusieurs aspects des AGM sur lesquels le Comité OGM aurait fait consensus.
Les auteurs brossent ensuite un tableau des aspects historiques de la “question des AGM”. Il s’agit en premier lieu des accréditations canadiennes (cadre légal controversé), puis de l’approche traditionnelle (la toxicologie) qui serait non applicable à l’évaluation de l’innocuité des AGM, ils énumèrent quelques exemples du passé à propos de la mauvaise évaluation des risques dans le domaine de la santé publique (risques médicamenteux), et finissent par expliquer la différence majeure dans le processus de développement entre pharmacologie/toxicologie et les AGM. Cette différence est la suivante : la pharmacologie/toxicologie se sont développées dans un cadre académique produisant des études accessibles et sérieuses tandis que les AGM sont développés par une industrie et les résultats des recherches sont confidentiels. Les auteurs aboutissent aux deux premiers questionnements : «Est-ce qu’un retour historique sur certains événements malheureux du passé pourrait influencer l’évaluation actuelle de l’innocuité des AGM basée sur le principe d’équivalence substantielle?» ; «Est-ce que le développement des méthodologies d’application de la transgenèse et de l’évaluation de son innocuité se sont faits de manière transparente dans l’industrie agro-alimentaire, comme cela a été le cas dans l’industrie du médicament?»
Vient ensuite le gros de la controverse en guise de quatrième partie : «les risques à la santé», les trois principaux risques étant «les effets toxiques ou allergènes ainsi que le transfert de résistance aux antibiotiques». Les trois premières sous-parties détaillent ces trois risques de manière approfondie (avec l’exemple édifiant du Dr Pustzai en 1999 pour le risque de toxicité). L’étude approfondie des trois principaux risques des AGM est le sujet du troisième questionnement : «Est-ce que les risques potentiels de toxicité, d’allergénicité et de transfert de résistance aux antibiotiques évoqués par plusieurs chercheurs reconnus dans le domaine devraient être pris au sérieux?» Le quatrième point, très court, donne les conclusions de Santé Canada sur les AGM : «aussi sécuritaires et nutritifs» que les produits non-génétiquement modifiés. Et deux questionnements suivent : «Pourrait-on mieux évaluer les mécanismes du transfert génique et de leurs effets sur les plantes ainsi que leurs impacts sur la santé humaine?» ; «Est-ce que l’absence de recherches indépendantes et accessibles empêche l’évaluation adéquate des risques à la santé?»
L’aspect réglementaire des AGM est détaillé dans la cinquième partie. Les auteurs évoquent d’abord la notion d’aliment nouveau dont les AGM font partie, cela les pousse à se poser une sixième question : «Est-ce que la méthode d’homologation actuelle, reposant sur le concept de l’équivalence en substance dont la validité scientifique est questionnée par plusieurs experts, demeure encore une méthode d’homologation acceptable?» Ils mettent aussi en avant la marge de manœuvre laissée promoteur (industrie du génie génétique) : l’évaluation des risques n’est que révisée par l’ACIA qui ne se base non pas sur leurs propres recherches mais sur les résultats des recherches entreprises par les scientifiques des multinationales. La Loi sur les aliments et drogues ainsi que la soumission des préavis sont évoquées et les auteurs affichent leur scepticisme quant à la «logique de non-nécessité de suivi et de traçabilité» (qui s’applique aussi à l’évaluation environnementale des produits issus de la biotechnologie), et posent leur septième question : «Est-ce que la définition d’aliment nouveau ne laisse pas une marge trop grande au promoteur pour soustraire un aliment à l’homologation?» Dans la troisième sous-partie, le Comité sur les OGM se montre inquiet quant à la réglementation rassurante pour le public mais peu rigoureuse sur le plan scientifique tout en étant complaisante avec les AGM, ce qui serait expliqué par un conflit d’intérêt mis en avant par le Comité d’experts de la Société royale du Canada. Les huitième et neuvième questions sont les suivantes : «Est-ce que la crédibilité de l’État dans son rôle de réglementation est affectée par le fait qu’il est aussi promoteur des AGM?» ; «Est-ce acceptable qu’un processus d’homologation soit basé exclusivement sur des études faites par le promoteur non publiées et non accessibles à des scientifiques externes?» Enfin, les auteurs critiquent la transparence et l’absence d’étiquetage des AGM et font le lien avec le libre choix des consommateurs, d’où la dixième question : «Est-ce que le consommateur devrait être informé précisément sur les modifications génétiques des aliments qu’il se procure?»
Dans la sixième partie, le Comité sur les OGM met en avant les intérêts économiques et les préoccupations des consommateurs en neuf sous-parties. Dans un premier temps ils donnent le pourcentage d’OGM de certaines productions agricoles (80% de la superficie ensemencée en canola par exemple), dans un deuxième tant ils décrivent les différence de consommation entre l’Union Européenne et l’Amérique du Nord, notamment sur le plan de la prise de conscience. Les questions de la prise de conscience et de l’information semblent donc cruciales, ainsi les auteurs demandent : «Est-ce que les Québécois qui consomment actuellement des AGM le font avec suffisamment d’information?» ; «Au Québec, pourrait-on assurer un débat public plus large sur les AGM?» Les positions de groupes écologiques et d’association de consommateurs sont évoquées (dénonciation des pratiques des industries de la biotechnologie, mise en danger de la santé publique par celles-ci et le gouvernement canadien inconscient et/ou complice) et la question suivante est alors posée : «Est-ce que l’image négative générée par l’industrie des AGM ne risque pas de compromettre le développement futur de la biotechnologie agro-alimentaire?» L’importance de la biotechnologie dans l’économie québécoise semble très réelle, les enjeux financiers le sont tout autant, seulement cela nécessite des investissements énormes et la tentation du retour sur investissement important et rapide peut engendrer une sous-estimation des risques des produits biotechnologiques. Les recherches sans tests cliniques et protégées par des brevets sont alors dénoncées et le parallèle est fait avec le secteur pharmaceutique. Le principe de vache à lait est aussi mis en avant avec les «techniques de contrôle de la pollinisation». Le Comité sur les OGM indique que la documentation scientifique indépendante est quasi inexistante ce qui empêche le consommateur de se forger une opinion et relève le fait que Santé Canada ne fournit pas de documents permettant au citoyen de s’informer de manière approfondie. L’absurdité de la situation se ressent dans le quatorzième questionnement : «Est-ce que le monopole [NDLR : le terme oligopole serait plus juste] des grandes sociétés commerciales sur l’industrie des AGM et sur la recherche et le développement dans ce secteur n’est pas excessif?» Puis la mise en marché rapide est évoquée, des arguments économiques sont mis en avant et la complicité entre gouvernements et multinationales est glissée dans les notes des auteurs où trois anciens membre du gouvernement américain, devenus des employés haut placé et bien rémunéré de ces grandes firmes, sont cités (un remerciement?). D’où la question fort critique : «Est-ce que la biotechnologie dans le domaine agro-alimentaire ne sert qu’à accroître la productivité et la rentabilité de l’industrie alors qu’elle pourrait apporter des bénéfices réels à la population?» Dans la huitième sous-partie, le fait que les AGM ne puissent être «ni retrac[és], ni retir[és]» du marché sont une carence dénoncée du système actuel, au même titre que l’absence de recours légal ou de compensation si un consommateur avait été touché par un AGM, responsabilité qu’il ne pourrait même pas démontrer légalement. D’où les deux questions suivantes : «Est-ce que l’absence de mécanismes de contrôle ne rend pas difficile, sinon impossible, l’imputabilité des promoteurs envers les organismes réglementaires et les consommateurs?» ; «Est-ce que ceux qui profitent des bénéfices assument correctement les risques et vice-versa, est-ce que ceux qui assument les risques tirent profit de l’utilisation des AGM?» La suite logique de ces points critique envers un système tout entier est «la perte de confiance» et incite les auteurs à évoquer un moratoire sur le développement des OGM. Selon ces derniers, cette perte de confiance est d’autant plus légitime qu’il y des problèmes aux niveaux éthique (respect de la Santé Publique, responsabilité, etc.), politique (complicité), économique (perversion du capitalisme) et même scientifique (rigueur). Le Comité met en avant deux scénarii afin de rétablir la confiance du consommateur envers les AGM :
- étiquetage obligatoire des AGM (et donc traçabilité) ce qui engendrerait certainement une chute des ventes sur le court terme, mais cela endiguerait la perte de confiance des citoyens envers leurs organismes réglementaires,
- un moratoire sur le développement des OGM ainsi que leur introduction dans les marchés, ce qui est la volonté de nombreux groupes militants. La dix-huitième question montre une certaine perspicacité : «Est-ce que l’inquiétude de la population face à l’objectivité de l’information disponible sur les AGM ne risque pas de créer des situations d’opposition non justifiées?»
Le Comité sur les OGM résume les positions de comités d’experts et d’organismes reconnus en santé (pour ces derniers les auteurs ne précisent parfois que leur rôle dans ce secteur) dans la septième partie. Ainsi, la Société Royale du Canada (SRC) (position proche du Comité sur les OGM) est citée, de même que le Comité Consultatif Canadien de la Biotechnologie (CCCB), le Codex Alimentarius (international), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la Food And Agriculture Organization (FAO) des Nations Unies, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), l’American Medical Association (AMA), et enfin la Food and Drug Administration (FDA). La dix-neuvième question est la suivante : «Quelles seront les conclusions auxquelles arriveront la majorité des organismes qui révisent leur position quant aux processus d’évaluation de l’innocuité, d’homologation et de suivi des AGM?»
Enfin, la huitième et dernière partie est consacrée à la gestion du risque résiduel. Ici, les auteurs font encore un parallèle avec le secteur pharmaceutique et évoquent notamment les notions de risque zéro (qu’on ne peut atteindre), risque-bénéficel, et gestion continue du risque résiduel (comme le suivi des effets secondaires). Le Comité pense que le “traitement des AGM” est le même que celui réservé aux médicaments, du moins en principe car l’absence totale de traçabilité empêche toute gestion du risque résiduel. La vingtième question est la suivante : «Est-ce que l’absence de mécanismes de traçabilité permet la gestion de la surveillance des effets inattendus et la gestion appropriée du risque résiduel, par exemple, le retrait rapide d’un produit inadéquat?» En guise de solutions, les auteurs citent Schrecker (les cinq principes éthiques) et Kourislky (le principe de précaution). Et de finir cette partie par une dénonciation : «La mise en marché des AGM a eu lieu sans qu’aucune étude indépendante d’innocuité n’ai été réalisée, sans étiquetage et sans mécanismes de traçabilité». La vingt et unième question étant : «Est-ce que l’absence d’un processus adéquat d’homologation peut permettre la mise en place d’une politique d’étiquetage efficace pour assurer le suivi des produits et la protection des consommateurs?»
Et pour finir, la conclusion du Comité sur les OGM. Ce dont on peut être sûr, c’est qu’on ne peut pas affirmer qu’il n’y a pas de risques pour la santé engendrés par les OGM, donc qu’il peut en avoir (possibilité non avérée) [NDLR : risque avéré par certaines études, notamment celle sur le MON863]. La conclusion des auteurs comportent des questions et des dénonciations, notamment celles de l’oligopole des multinationales DuPont, Novartis, Monsanto, AgrEv, Dow AgroSciences et Northrup King, de la non-validité scientifique du principe d’équivalence substantielle (sur lequel repose l’homologation des AGM), le manque de données scientifiques, le processus d’homologation inadapté, l’insuffisance de débat public, et l’absence d’une politique d’étiquetage et autres moyens de traçabilité. Le Comité sur les OGM estime que la communauté prend des risques et que, par conséquent, celle-ci devrait être informée pour pouvoir gérer les risques résiduels. Le principe de précaution est définitivement mis en avant. La vingt-deuxième et dernière question est un appel à la raison et à la prudence, sans pour autant compromettre la recherche sur les OGM : «Est-ce que l’État ne devrait pas s’appuyer davantage sur le principe de précaution dans son approche de réglementation concernant les AGM?»
Commentaires personnels :
Ce document-synthèse a été publié en Octobre 2001, nous sommes en 2006 et il semble que les choses n’aient pas vraiment évolué de manière globale, néanmoins :
- le marché “bio” qui se revendique “sans AGM” commence à prendre de l’ampleur (au moins sur le plan de l’image et de la médiatisation),
- d’autres études ont montré que le risque phytosanitaire étant bel et bien une réalité, ceci allant dans le sens du principe de précaution,
- les risques environnementaux se précisent, notamment en ce qui concerne la hausse de consommation de pesticides et insecticides (les plantes et insectes s’adapteraient aux Plantes Génétiquement Modifiées rendant ainsi obsolète les gènes toxiques pour ces “espèces nuisibles”, ce qui entraîne l’ajout de produits chimiques en plus grande quantité et/ou nocivité qu’avant), les PGM accéléreraient l’appauvrissement des sols de manière indirecte,
- le moratoire de l’Union Européenne sur les OGM prendra bientôt fin,
- malgré la soif d’information des consommateurs, le débat public sur ce sujet est peu relayé.
Selon moi, ce document comporte aussi une accusation implicite ou à peine dévoilée (non assumée par les auteurs ou bien tout simplement déplacée) : Santé Canada est soit naïve, soit incompétente, soit complice (corrompue). La note de la page vingt et un l’illustre très bien, des entreprises proposent des postes important à des fonctionnaires influents (au lieu de donner de l’argent en cash). Et à cela s’ajoute le fait qu’ils reconnaissent parfaitement que les citoyens perdent confiance en leurs institutions, celles qui sont censées penser à leur bien-être (le bien-être de la population étant la première mission d’une institution publique, bien après la rentabilité financière).
En guise de dernier mot, ce document critique de manière constructive et documentée l’action du gouvernement canadien et formule des questions et recommandations générales que l’on peut appliquer à n’importe quel État.
18 juin 2006
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Bonne lecture et bonne fin de semaine.
Xavier C.
17 juin 2006
À propos des OGM (et surtout des PGM)
[Mis à jour le samedi 17 juin 2006 - correction de fautes, ajout de paragraphes et modifications mineures. Date de publication d'origine : le 16 juin 2006.]
Commençons par quelques définitions :
(source : Wikipédia)
1) Organisme Génétiquement Modifié (OGM).
«Un organisme génétiquement modifié ou OGM est un organisme dont le matériel génétique a été modifié par génie génétique.
Cette modification peut être réalisée selon différentes techniques, en fonction du but recherché. Dans le cas d'introduction de nouveaux gènes ou d'introduction de gènes endogènes modifiés in vitro, on parle de transgenèse.
C'est au niveau de l'agriculture que les OGM sont utilisés de façon de plus en plus courante dans le monde, au point que le langage courant les confond souvent avec les plantes transgéniques, mais ils ont d'autres applications
Technique dangereuse et incontrôlable pour les uns, organismes contre-nature aux mains des semenciers favorisant la destruction de la paysannerie internationale pour d'autres, source de profit pour les firmes transnationales, les organismes transgéniques sont rejetés largement par les citoyens européens mais sont à leur insu massivement ingérés par le bétail : soja et maïs transgénique ont remplacé les "farines animales" dans l'alimentation des animaux.
[...]
Définition juridique
Un organisme génétiquement modifié est un organisme, à l'exception des êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle.»
Je vous conseille d’aller lire l’article au complet pour mieux saisir ce qu’est un organisme génétiquement modifié.
2) Transgène.
«Un transgène est la séquence isolée d'un gène, utilisée pour transformer un organisme, lors de la mise en œuvre de la transgenèse.
Souvent, mais pas toujours, le transgène provient d'une espèce différente de celle du receveur.»
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Dans cet article, je ne considérerai que les OGM développés pour l’agriculture et l’élevage. Il y a une autre application très importante (et beaucoup moins polémique) des OGM : il s’agit de l’application pharmaceutique : des levures peuvent ainsi sécréter de grandes quantités d'insuline (pour les diabétiques).
Les OGM suscitent un débat éthique et philosophique passionné, ils sont peut-être un danger pour la santé humaine et pour la diversité végétale et animale de l’environnement, les OGM ce sont aussi tout un modèle économique. Après ces réflexions, il sera temps d’esquisser des solutions.
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Les questions d’ordres éthique et philosophique sont surtout la brevetabilité du vivant et le côté “contre-nature” des OGM. Il y a aussi le côté religieux, blasphématoire.
En ce qui concerne la brevetabilité du vivant, il s’agit d’un conflit entre le concept économique et la question “a-t-on le droit d’être propriétaire de caractéristiques animales et végétales?”. Pour le premier il faut pouvoir protéger une découverte, une propriété, afin de pouvoir obtenir un retour sur investissement, pour le deuxième c’est tout simplement qu’un gène n’a pas à être la propriété de qui que ce soit. Il s’agit surtout d’éviter les abus. On ne peut pas ne pas penser aux plantes dont les substances sont brevetées rendant du même coup illégaux les traditionnels utilisateurs de ces mêmes plantes pour leurs vertus thérapeutiques.
Le deuxième point controversé, c’est, par exemple, un gène de poisson qui se retrouve dans une plante pour la faire bénéficier d’une propriété spécifique au gène. Naturellement, ce gène ne se serait pas trouvé là, une plante ne peut se croiser avec un poisson. Les OGM vont bien plus loin que la simple sélection d’éléments naturels performants ou encore le croisement entre deux espèces pour obtenir, à force de croisements, une plante hybride performante (comme le brugnon, hybride de la pêche et de la prune). Les OGM et le génie génétique moderne, c’est une opération qui se fait directement dans les gènes, en laboratoire.
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Les risques sanitaires et environnementaux ne sont pas avérés (car il n'y a pas eu assez d'études sur le sujet), il s’agit simplement d’une hypothèse. Étant donné la complexité du problème et du nombre de variables et de facteurs qui peuvent influer sur les résultats d’une recherche dans ce domaine, celle-ci devra prendre longtemps... Certaines études ont été mené par les entreprises détentrices de brevets, les résultats ne sont pas disponibles et s’ils l’étaient, ils ne seraient pas crédibles. Il faut impérativement des études indépendantes nombreuses et variées sur ces deux questions.
Pourtant, une étude menée par Monsanto sur le MON863 a été réalisé sur des rats, certains nourris "naturellement", d'autre avec leur produit génétiquemen modifié et ils ont pu constater que ce n'était pas inoffensif, vous pouvez en savoir plus en cliquant ici. Sachez qu'ils connaissaient les risques mais qu'ils l'ont quand même commercialisé au Canada. L'étude scientifique de 1200 pages a été divulguée grâce à GreenPeace.
Ce qui est possible (mais pas avéré), c’est que des plantes génétiquement modifiées (PGM) soient un facteur sérieux de développement de cancers et de divers problèmes phytosanitaires. Les PGM sont tellement nombreuses et le seront de plus en plus qu’il est probable que certaines soient totalement inoffensives et que d’autres soient très nocives. Ce sera sans doute du cas par cas. Les pesticides ne sont pas bons pour la santé, on le sait, pourtant avec le génie génétique les plantes peuvent sécréter des toxines (les mêmes que celles des pesticides) et certains nous disent que c'est sans aucun risque pour la santé?
D’un point de vue environnementale, il est important que les PGM ne perturbent pas trop l’équilibre naturel fragile. Nous l’avons déjà vu dans le passé, l’intervention de l’homme peut être dévastatrice pour la biodiversité (dont l’Homme dépends), quelques exemples :
- irrigation pour les champs de coton en Asie Centrale qui aboutit à l’assèchement de la mer d’Aral et contribue à la désertification de la région,
- gaz à effet de serre,
- les rats dans la bateaux qui débarquent avec les hommes dans de nouvelles contrées (même exemple avec des crustacés et des petits organismes qui restent fixés aux coques, l’écosystème des Grands Lacs en a subit les conséquences),
- races d’animaux exportées vers d’autres pays qui peuvent déstabiliser fortement l’équilibre naturel (lapins en Australie, abeilles africaines au Brésil - les fameuses abeilles tueuses),
- canal de Suez qui modifie la variété des espèces dans la mer rouge et dans la mer Méditerranée.
Ces exemples illustrent quelque chose de simple : ce n’était pas l’objectif de l’Homme que de bouleverser autant les écosystèmes, pourtant ça s’est produit même s’il pensait que cela n’arriverait pas.
En quoi les PGM peuvent-ils mettre en péril les écosystèmes? Une PGM a peu de chances de survivre dans la nature “à l’état naturel”. Sans leurs pesticides et instecides, la Nature reprends le dessus. La prolifération ou plutôt le croisement entre des PGM et des plantes naturelles est un risque potentiel, mais il est nul si les plantes sont rendues infertiles (mais cela pose des problèmes que nous verrons après).
Selon moi, le plus gros risque pour l’environnement, c’est l’adaptation de la Nature. Les pesticides cela fait longtemps que cela existe, ils sont de plus en plus puissants car les insectes et les “mauvaises herbes” s’adaptent et développent des gènes de résistance et de tolérance. Les PGM (le maïs Bt par exemple) qui sécrètent leurs propres pesticides ce sera la même chose. Les “indésirables” passeront outre, puis il faudra des PGM encore plus puissantes et... c’est un cycle sans fin. Sauf que ces plantes et insectes qui mutent seront peut-être plus dangereux pour les espèces naturelles, d’où le risque potentiel pour l’environnement en ce qui concerne des essais en plein champ. Le meilleur moyen de lutter contre ces insectes et plantes nuisibles à nos champs, c’est tout simplement de redonner à la Nature son rôle d’équilibrer l’environnement. En plaçant des parcelles boisées à proximité de champs qui ne sont pas immenses, on permet à des oiseaux et à des insectes prédateurs de vivre en se nourrissant des insectes “nuisibles”. Il faut aussi accepter de perdre une partie de nos récoltes.
Les PGM sont une fuite en avant, comme les pesticides, qui, sur le court terme, porte ses fruits mais sur le long terme le résultat est négatif :
- nos "adversaires" ont muté et se sont adaptés,
- nous détruisons nos sols et la biodiversité.
La biodiversité est une réponse efficace aux épidémies. En multipliant les types de cultures (donc en évitant la monoculture) on réduit les risques d’épidémies dévastatrices. Or si au Saskatchewan (province canadienne), où il n’y a que quelques variétés de colza, il y avait une épidémie contre laquelle le colza génétiquement modifié n’était pas préparé... vous imaginez le résultat?
Mais je ne suis pas assez calé en biologie pour approfondir la question. J’ai simplement la conviction que les PGM plus résistantes ne sont qu’une illusion temporaire.
Et puis gardons une chose à l’esprit : la Nature est ainsi faite, nous ne pouvons faire des surplantes. Une plante qui produit plus, elle sera moins résistante (il faut donc massivement l’aider avec des pesticides), une plante plus résistante sera moins productive. C’est une question de stratégie de survie, une plante telle que le chêne (un arbre est bien une plante!?) consacre principalement son énergie à faire des glands pour assurer la pérennité de sa race, “il fait plein de graines pour augmenter les probabilités d’avoir une descendance”. Au contraire, l’olivier consacre prioritairement son énergie à sa propre survie. Vous ferez difficilement mourir un olivier, même le couper ne suffit pas, sa souche emmagasine son énergie. Il ne fait des olives que s’il a assez d’énergie après avoir assuré sa survie pour la saison en quelque sorte.
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Les OGM d’aujourd’hui, c’est aussi tout un modèle économique. Quelle est la situation agricole aujourd’hui? Les États-Unis (principalement) ont énormément de brevets en matière de génie génétique. L’Union Européenne interdit les OGM américains pour une seule raison : se donner du temps pour rattraper le retard technologique. Ce qu’on appelle l’Occident (Amérique du Nord, Union Européenne) est en état de surabondance agricole. Nous déversons nos surplus à bas prix en Asie et en Afrique. L’Ukraine, la Chine, l’Inde, pareil. Faut pas croire que c’est uniquement “blanc” ou “occidental”. L’Afrique est principalement le “bénéficiaire” de ces surplus. Ils ont de quoi se nourrir et combattre la famine. Nous les aidons en les nourrissant. Mais permettez-moi de dire que c’est d’une incroyable hypocrisie. Nous leur vendons nos surplus uniquement pour grappiller les quelques dollars qu’ils leur restent.
En Afrique, il y a les guerres civiles, les guerres entre pays, tout ce qu’il faut pour détruire économiquement un pays. Enfin, nos surplus agricoles (on peut appliquer le même schéma pour les vêtements, chaussures, ustensiles, etc.) sapent ce qui pourrait être une reprise économique africaine. Quel agriculteur africain peut rivaliser avec le prix des productions étrangères? Pourtant ils ont la volonté, les techniques, les terres... mais face au monde entier, ils sont impuissants.
Et après on veut nous faire croire que ces PGM serviront ces pays pauvres? On va peut-être leur donner gratuitement les semences!?
Si en France on abandonnait ce système agricole intensif, on participerait modestement à l’essor agricole (et aussi économique je pense) de l’Afrique, on ménagerait nos terres et on polluerait moins (tout le monde parle du CO2 des usines, mais personne ne parle de l’azote des champs, et puis il y a la pollution des pesticides). Il faut savoir être raisonnable par moment.
Oui sur le court terme, c’est beaucoup d’argent et d'emplois, mais à long terme? Les côtes bretonnes seront vertes, ça nous coûteras moins cher de faire bouillir les pâtes dans de la Volvic ou de l’Évian tellement la dépollution de l’eau nous coûtera cher!
Au final, j’ai l’impression que les PGM ne sont absolument pas indispensables. Je ne vois que quelques entreprises (Monsanto, Pioneer Hi Bred International, Syngenta , du Pont de Nemours, etc.) qui ont fait et font encore des recherches en biotechnologies et qui veulent un retour sur investissement rapide et assuré, même si cela peut coûter la santé de leurs consommateurs. «Après moi le déluge». Les PGM et les OGM dans leur globalité ont un potentiel énorme pour améliorer les conditions de vie de l’Humanité (médicaments, des plantes qui consomment moins d’eau, etc.), des potentiels à développer. Des recherches à mener quant à l’impact des PGM et des OGM sur la santé humaine et les écosystèmes, des recherches aussi sur les impacts économiques et géopolitiques.
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Je prône le principe de précaution (attention, restons modéré, il ne s'agit pas d'exiger le risque zéro). Et là, plusieurs me font des remarques du genre :
«Si on avait pris en compte le risque des radiations, on aurait interdit à Marie Curie (morte suite aux radiations avec une partie de ses collaborateurs et assistants) de faire ses recherches sur le radium, on aurait ainsi empêché le développement de l'imagerie médicale ! [...] si on applique le principe de précaution, on n'a AUCUN médicament, pas même de l'aspirine qui au niveau du principe de précaution ne devrait même pas être autorisée !»
Bref, selon eux, le principe de précaution tue la recherche et condamnera l’Humanité (en fait les pays qui appliqueront ce principe de précaution) à louper le coche des OGM.
Or :
Le principe de précaution (source : Wikipédia) :
«Le principe de précaution est un principe philosophique que les chartes ou conventions internationales, nationales intégraient plus ou moins dans leurs textes. Il est officiellement entériné dans la convention de Rio en 1992. Bien qu'il n'y ait pas de définition universellement admise du principe de précaution, il est néanmoins loisible d'énoncer que ce principe concerne des mesures à prendre lorsqu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement.
[...]
la précaution vise les risques hypothétiques, non encore confirmés scientifiquement, mais dont la possibilité peut être identifiée à partir de connaissances empiriques et scientifiques. Exemples : le développement des organismes génétiquement modifiés, les émissions des téléphones portables, etc.»
En résumé, le principe de précaution “incite” à mener des recherches pour connaître l’impact, ici, des OGM. Et lors de ces recherches, tests, etc., rien n’est fait pour empêcher la poursuite de recherches en génie génétique! Ces tests visant à déterminer la nocivité ou non d'un produit (médicament, OGM, voiture - tests de sécurité) ne sont pas un frein à la recherche. C'est en fait un frein léger à l'application de ces recherches, c'est-à-dire un non-retour sur investissement pour les recherches qui résultent sur des produits nocifs/non-sécuritaires ou bien un retour sur investissement qui se fait après un certain laps de temps (le temps des tests). Et là je tiens à insister sur quelques termes de la définition de Wikipédia : "ce principe concerne des mesures à prendre lorsqu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement." Cela signifie qu'il faut évaluer et déterminer si les risques encourus valent la peine. C'est le cas de l'aspirine ou de la morphine, ça aurait été le cas du radium au temps de Marie Curie. Est-ce le cas pour les PGM? Nous ne le savons pas, car nous ne connaissons pas véritablement les risques (et il n'est pas impossible qu'il y en ait!).
Les nouvelles normes de test pour la sécurité routière ne bloquent pas toute innovation en matière d'automobile! Loin de là. De même que l'instauration de tests pour les OGM, quant à leur impact environnemental et sur la santé humaine, ne sera pas un frein à la recherche dans ce domaine, même si un test doit prendre toute une décennie pour valider ou non un produit génétiquement modifié. Ce n'est qu'une application différée de la recherche, de l'innovation.
Bref, il nous faut impérativement du recul, les arguments pro-OGM (que j’attends toujours) défendent bien les OGM en tant que tels, mais arrivent-ils à défendre une application rapide et immédiate de ces recherches en génie génétique?
Je n’aime pas particulièrement aller dans le sens de l’image diabolique des grandes multinationales, big brother, etc. Mais force est de constater que le gouvernement Canadien a cédé à ces grands groupes qui ne voient pas plus loin que leurs bénéfices de l’année suivante, l’Union Européenne cédera aussi.
Il me semble que la recherche en génie génétique peut parfaitement être du ressort d’entreprises privées, mais elles doivent admettre une règle qui aujourd’hui n’est pas respectée (l'affaire du MON863 le prouve bien...) :
- vous faites un investissement qui ne sera pas amorti si votre produit représente une menace, et ne tentez pas de l’imposer, respectez les règles du jeu.
Ces entreprises cèdent à l’appât du gain en sacrifiant l’éthique, la santé et l’environnement sur l’autel du profit à court terme.
C’est pour cela que la recherche en génie génétique devrait aussi être réalisée par des universités et des institutions publiques qui ont trois missions :
- approfondir les connaissances, quelles qu’elles soient, même si elles ne semblent pas rentables à l’avenir (souvent le cas en recherche fondamentale),
- être au service de la population et favoriser le bien-être général,
- rentabiliser les recherches sans nuire au bien-être général.
Ça n’empêchera certes pas des abus et des défaillances, mais ce sera à mon avis “moins pire” que si la recherche en génie génétique n’est qu’une activité privée.
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Cela étant dit, je trouve fort dommage l'extrémisme dont font preuve certaines ONG et associations, si ces gens étaient à la place de ceux qui dirigent les grandes compagnies critiquées, ils feraient sans doute pareil. Hélas on dirait que pour que les gens s'intéressent aux choses il faut les choquer, ce que font très bien les "anti-OGM extrémistes", c'est très bien parce que les gens se mobilisent, mais c'est aussi dangereux parce que le message modéré est occulté et on tombe dans un combat manichéen trop simpliste... Je pense qu'il est difficile d'être radicalement pour ou contre les OGM, tout dépend de leurs effets (qui sont aussi variés qu'il y a de gènes et de combinaisons!!!) et de leur utilisation (si on respecte une non-application des PGM nocives, si on fait des recherches pour connaîtres les effets des PGM, etc.). Les opérations du type coup de poing où des écolos arrachent du maïs génétiquement modifié, c'est fort dommage... mais d'un autre côté, même si ces plantes ne peuvent se reproduire, ça devrait se faire en labo (pour les raisons évoquées avant)!
Je vous invite fortement à varier vos sources en ce qui concerne le débat sur les OGM. N'hésitez pas à faire un tour sur les sites web d'entreprises du domaines, ou bien sur ceux d'associations anti-OGM (même les extrêmistes), il faut essayer de se forger notre propre opinion en étant critique, particuilèrement envers les médias de masses qui se font passer pour des experts.
Au fait, je ne suis pas un expert, peut-être que je dis des demi-vérités ou carrément des conneries, à ce moment-là, laissez un commentaire et faites-le moi savoir.
Pour connaître ma politique de gestion des commentaires, allez faire un tour dans la catégorie "Bienvenue à vous" dans la colonne de gauche! Avant d'être publiés, je dois les valider.
Bonne fin de semaine à toutes et à tous.
Xavier C.
[Mis à jour le samedi 17 juin 2006 - correction de fautes, ajout de paragraphes et modifications mineures. Date de publication d'origine : le 16 juin 2006.]

